PostHeaderIcon Contre la précarité étudiante, pour une éducation pour tou.te.s !

1175490_823283204352498_4634440278646750224_nVoici le tract que les Jeunes anticapitalistes (JAC) ont distribué lors de la manifestation étudiante du 17 novembre 2017 :

La journée internationale des étudiant·e·s sera célébrée ce vendredi 17 novembre et à cette occasion, la Fédération des Etudiant·e·s Francophones organise avec de nombreux autres mouvements une manifestation basée sur des revendications pour étudier dans des conditions correctes.

Cette manifestation se passe dans un climat de plus en plus dur pour les étudiant·e·s les plus précaires qui dépendent de plus en plus du CPAS : en 15 ans, le nombre d’étudiant·e·s bénéficiaires a été multiplié par 7, soit aujourd’hui près de 30.000 sur une population de 500.000 étudiant·e·s. Même avec l’aide du CPAS, elle est souvent insuffisante et force les étudiant·e·s à travailler à côté, quand on ne les force pas carrément à le faire pour espérer garder leur allocation.

Cela s’ajoute à l’augmentation des prix des kots et au désinvestissement dans les transports publics qui obligent à louer des placards à balais ou à se lever à 5h du matin pour espérer arriver à l’heure en cours si vous n’habitez pas dans la même ville que celle de votre école.

Cette paupérisation des étudiant·e·s a mené à l’augmentation du recours à la prostitution (en témoigne encore récemment l’affaire des “sugar daddies”) pour parvenir à joindre les deux bouts. Une pratique dont environ 16.000 étudiant·e·s (principalement des femmes) ont eu recours et qui peut rapidement prendre le pas sur les études.

Cette baisse des moyens pour les étudiant·e·s va de pair avec une diminution des moyens investis dans l’éducation.

L’argent alloué à l’enseignement augmente beaucoup moins vite que le nombre d’étudiant·e·s entrant dans le système d’éducation : ainsi, entre 1994 et 2014, l’allocation de la Fédération Wallonie-Bruxelles a crû de 21% alors que le nombre d’étudiants a augmenté de 34%.

En 2015, la Belgique comptait 22 étudiant·e·s pour 1 membre du staff académique, soit 7 étudiant·e·s de plus que la moyenne européenne.

Forcer les étudiant·e·s à travailler alors que ce travail empiète sur leurs études et empêche de nombreu·x·ses travailleu·r·se·s sans emploi de trouver un boulot est absurde et ne répond qu’à la demande des entreprises d’avoir une main d’œuvre bon marché, isolée et dépendante.

Nous n’avons jamais autant produit de richesses qu’aujourd’hui, pourtant les gouvernements successifs ne font rien (quand ils ne sabotent pas carrément le système) pour garantir le droit à l’éducation.

Les Jeunes anticapitalistes revendiquent le droit à l’éducation de manière à ce qu’il soit accessible à l’entièreté de la population et non pas juste aux familles aisées. Ce droit implique également que l’enseignement soit là pour servir à émanciper les personnes et non à les formater pour les besoins du patronat.

Pour que ce droit soit effectif, nous voulons :

  • La gratuité des études supérieures, minerval comme frais d’études annexes
  • Une allocation d’autonomie automatiquement et directement accessible, sans limite d’âge, à hauteur du  SMIC, financée comme les retraites par des cotisations sociales et gérées par des jeunes et des salarié·e·s élu·e·s
  • L’accessibilité de tou·te·s les jeunes diplômé·e·s de l’enseignement obligatoire à toutes les formes d’enseignement supérieur
  • La fin des épreuves de pré-selection qui ne font que renforcer la reproduction des inégalités sociales
  • Rétablir le droit aux allocations d’insertion au-delà de 25 ans
  • Un refinancement public de l’enseignement à hauteur de 7% du PIB
  • La construction et la rénovation de logements étudiant·e·s écologiques en nombre suffisant
  • Des transports publics qui soient à la hauteur du défi climatique et qui nous amènent à l’heure en cours, où que nous habitions
  • Une vraie démocratie étudiante : que les conseils étudiants aient un réel poids sur les décisions des écoles et des universités, pas juste un organe de consultation fantoche
  • La reconnaissance effective du droit de grève étudiant

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